Archives de catégorie : Thèmes des dimanches et homélies du Père Stanislas

A partir des lecture du 22 juillet 2018

De retour de leur mission les douze reviennent vers Jésus et lui racontent ce qu’ils ont fait : voici venu le temps du repos, de la mise à l’écart, de la relecture de l’action menée. De fait, cela ne dure pas très longtemps, car les personnes rencontrées par les apôtres ont soif de cette Bonne Nouvelle qui leur a été annoncée. Alors nous est exposée la mission du Bon Pasteur, du vrai berger qui rassemble et conduit son troupeau avec justice et amour. Nous aussi nous sommes invités à comprendre ce que chante le psaume 22 : «  le Seigneur est mon berger… sur des près d’herbe fraîche, il me fait reposer. »

Ainsi, mise à l’écart, repos et annonce de la Bonne nouvelle vont de pair. Nous ne sommes pas des activistes perdus dans le militantisme forcené. Se reposer fait aussi partie de la bonne manière de vivre son existence humaine. Car c’est à cette seule condition que la mission pourra être vécue sereinement et que la paix pourra atteindre celles et ceux qui sont loin et qui risquent d’être perdus (2e lect.), les païens et les juifs dont Jésus ne veut plus faire qu’un seul Homme nouveau. Paul glisse dans son texte le mot « réconcilier » car c’est l’œuvre pastorale majeure du Christ. En sa personne il a tué la haine.

HOMELIE DU TROISIEME DIMANCHE DE CAREME  – 03 et 04 MARS 2018/B

Frères et sœurs, nous voici rendus à la troisième étape, 3ème dimanche de Carême. Nous poursuivons notre marche vers Pâques. L’Evangile de ce jour est tiré de Saint-Jean au chapitre 2. Jésus vient d’accomplir son premier miracle aux noces de Cana. C’était le premier SIGNE qu’il envoyait. D’ailleurs, l’Evangile de Saint-Jean est appelé l’évangile des SIGNES. Un texte à ne jamais appréhender dans sa matérialité mais à regarder, comprendre, saisir et assimiler avec un second regard, avec l’interprétation des signes et des symboles.

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18 février 2018 – Premier dimanche de Carême

Frères et sœurs, voici que notre marche commence ! Elle durera 40 jours ! Savons-nous où nous allons? Avons-nous emporté avec nous ce qu’il est nécessaire ? 40 jours, c’est long ! Boussole, carte, bonnes chaussures de marche, sac à dos, un minimum de victuailles…. Tout cela sera bien nécessaire pour tenir la route !

Mais nous le savons aussi ! 40 jours dans la Bible est un nombre symbolique. Il renvoie à Moïse parti dans la montagne pour y recevoir la Torah, il a fallu le même nombre de jours à Elie pour arriver à l’Horeb afin de rencontrer le Seigneur ; le peuple hébreux a pris 40 ans pour cheminer depuis la terre d’Egypte, terre d’esclavage, pour arriver en terre de Canaan, la terre promise par Dieu; Jésus , lui-même, est resté 40 jours dans le désert. Et voici qu’aujourd’hui encore, nous sommes invités à parcourir une marche de 40 jours.

Oui, frères et sœurs, nous sommes invités, à la suite de Jésus, à revenir sur les traces du peuple hébreu et de reprendre son chemin ; tout comme Jésus aussi, nous sommes invités à ne pas tomber dans les infidélités à Dieu et les murmures. Jésus, homme juif, connaissait bien l’histoire du peuple qui l’avait précédé. Il lui fallait, à son tour, vivre cette expérience afin qu’elle prenne pour lui tout son sens. Il en est de même pour nous aujourd’hui.

Il est question de Noé dans les deux lectures de ce dimanche. Le récit de la Genèse rappelle l’alliance établie par Dieu avec ce patriarche et ses descendants, c’est-à-dire l’humanité. Huit personnes seulement étaient sauvées des eaux, rappelle Pierre dans son épître. Désormais tous les baptisés, (lavés dans l’eau et dans l’Esprit) sans limites de nombre, ce qu’annonçait l’alliance avec la descendance de Noé, sont maintenant sauvés par la mort et la résurrection de Jésus. Passé par l’épreuve du désert, Jésus peut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume.

Frères et sœurs, nous aussi, pendant ce temps  de grâce, ce temps favorable du Carême, sommes invités à aller au désert, lieu de prédilection pour rencontrer Dieu, sans obstacle, sans parasite, sans filtre. En marche pendant 40 jours ! Voyageons léger ! Pas besoin de carte ni de boussole ! Avoir confiance en Dieu et se laisser guider par Lui qui nous promet de vivre dans le pays où coulent le lait et le miel, là où, sur des prés d’herbe fraîche, il nous fait reposer.

Ôtons nos chaussures ! Car la terre que nous foulons est une terre sainte. Laissons sac à dos et victuailles de côté. Dieu sera notre seule nourriture pendant ce temps de jeûne tant il est vrai que l’homme ne vit pas seulement de pain…. C’est un temps où nous sommes invités à ouvrir notre cœur à Dieu, un temps où nous sommes invités à nous défaire de toute forme de tentation :

  • la tentation du pouvoir…. C’est la nôtre quel que soit notre position…. c’est la mienne, appelé par excellence au service
  • la tentation de l’avoir…. C’est lors des déménagements que l’on se rend compte qu’on a accumulé beaucoup de choses…. qui ne font qu’alourdir notre marche. Le Carême nous apprend à aller à l’essentiel, à marcher vers l’Essentiel.
  • la tentation du savoir…parfois j’ai envie de vous en mettre plein les oreilles…. vous dire que je sais….Mais attention ! Plus on sait, plus on sait qu’on ne sait pas tout, en tout, et dans tous les domaines ! Hum ! « Un sachant » est loin d’être un savant. Ce dernier se distingue par son humilité et sa discrétion.

Les temps sont accomplis ! Le début de la prédication de Jésus marque une nouveauté. C’est le temps du Royaume de Dieu, celui de la réalisation de la Bonne Nouvelle. Le Carême, avec son symbolisme de marche dans le désert, n’est-il pas le temps qui nous permet d’en approfondir le sens ?

Homélie des 10 et 11 février – Journée mondiale des malades

Frères et sœurs, le Livre des Lévites le confirme: aux temps bibliques et évangéliques les lépreux étaient des parias, exclus de la vie sociale, « intouchables », impurs cultuels interdits de Temple. Vêtements déchirés et cheveux en désordre, signes de deuil, en faisaient des morts vivants !

Bravant l’interdit, Jésus se laisse approcher par le malade. Celui-ci, au lieu de clamer « Impur! Impur ! » crie sa foi. « Si tu le veux tu peux me purifier ! ». Jésus étend la main et le touche. Ce faisant, il devient lui-même impur selon la Loi. Prenant en chair en Jésus Christ, Dieu est venu toucher tous les pécheurs. « Celui qui n’a pas commis le péché, il l’a pour nous identifié au péché », écrit Paul. Approchons-nous de lui pour être guéris car il existe aussi des lèpres qui peuvent nous pourrir du dedans: la gangrène de l’égoïsme, le sida de non-résistance au mal, la contagion de la violence.

Frères et sœurs, le geste de Jésus touchant le lépreux lui redonne sa place au milieu des vivants. Il est réintégré, il devient un témoin sans complexe. Oui, cet évangile nous ouvre les yeux et nous interroge. Nos sociétés, si avancées soient-elles, créent des exclusions. La compétition économique et sociale forcenée est fatale aux plus faibles. Les préjugés racistes génèrent le rejet de l’étranger et de l’autre diffèrent. Rejet de ceux souvent considérés comme des pestiférés: les malades du Sida, les SDF, et les gens du voyage avec leur genre de vie diffèrent.

Frères et sœurs, laissons-nous toucher par le Christ en ce dimanche de la Santé. Laissons guérir par l’Eucharistie, sacrement de la guérison par excellence.

Homélie du 28 janvier

Frères et sœurs, aujourd’hui dans notre société, on parle beaucoup, et beaucoup trop ! La confiance en la parole de l’autre est devenue une pierre précieuse et rare. Trop d’affaires en tous genres, de promesses non tenues et de malversations publiques minent la simplicité des relations humaines. A quelle parole peut-on encore se fier ?

« Dieu parle aux hommes« : c’est le titre d’un livre du grand rabbin de Bruxelles. Nous partageons, en effet, avec les Juifs et les Musulmans la conviction que Dieu n’est pas indifférent aux réalités humaines et que sa parole, même si elle est reçue et interprétée différemment, est source de vie meilleure. Elle passe par les prophètes, les porte-parole de Dieu, comme Moïse l’a été au mont Horeb. Et Dieu lui a dit : « je ferai lever un prophète comme toi, je mettrai dans sa bouche mes paroles ». De nombreux prophètes se sont succédés, apportant chacun leur pierre à l’édifice biblique, mais au temps de Jésus, le ciel paraissait vide depuis très longtemps. On attendait le grand prophète annoncé.

C’est dans ce contexte que Jésus et ses disciples entrent à Capharnaüm, la ville cosmopolite où les gens venus de partout se croisent. « Aussitôt, le jour du sabbat, il se rend à la synagogue et là il enseignait« . Jusqu’ici rien d’étonnant pour un juif attaché à sa religion. Mais Jésus enseigne en homme qui a autorité et non comme les scribes. Voilà celui qui réalise la promesse faite à Moïse:  » je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai ». Eh oui, c’est lui Jésus, la PAROLE DE DIEU !

La PAROLE DE DIEU est efficace. Cela veut dire que Jésus est la Parole vivante de Dieu, le VERBE FAIT CHAIR !

Comme au commencement de tout, dans le livre de la Genèse, le livre des origines, Dieu réalise ce qu’il dit. Dieu dit et cela est, affirme le livre de la Genèse.

 » Que la lumière soit ! Et la lumière fut ». Magnifique ! Quelle efficacité !

Voilà donc, frères et sœurs, de quoi nous interroger à notre tour, en disant avec le psaume du jour: « aujourd’hui ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur ».

Laissons-nous construire par cette Parole efficace, laissons- là nous in-former (nous créer, nous forger).

Oui accueillons la Parole de Dieu. Le VERBE DE DIEU… DIEU lui-même… Ecoutons ! Prions profondément.

HOMELIE DE L’EPIPHANIE 6 et 7 janvier 2018

Frères et sœurs,

Les fêtes de Noël ont leur achèvement qui donne au mystère de l’Incarnation la nouvelle perspective d’universalité du salut, sa signification la plus consolante d’espoir infini.

Elle est venue la Lumière. Aussi ténue soit-elle, elle vient éclairer la vie des hommes. « Lève les yeux alentour et regarde« . C’est ainsi que le prophète Isaïe s’adresse à ses concitoyens comme pour les remettre en confiance et leur promettre un avenir: « tu verras tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera« . Que des verbes en mode de futur. Ce rêve éveillé trouvera sa réalisation en Jésus. Et les mages, ces étrangers venus d’Orient, en sont les annonciateurs. Ils viennent déposer aux pieds de l’enfant, l’or que l’on décerne au roi, l’encens que l’on fait monter vers Dieu et la myrrhe réservée au prophète.

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HOMELIE FETE DU CHRIST ROI DE L’UNIVERS

Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui, la fête du Christ, Roi de l’Univers. Cette fête, instituée en 1925, clôture l’Année liturgique. Chaque jour et chaque dimanche, nous disons, dans la prière du Notre Père, « que ton règne vienne« . De quel règne s’agit-il ? Que faut-il comprendre du Christ,  Roi de l’Univers. Quel sens,  à la lumière de la Parole de Dieu, faut-il donner à la fête de ce jour?

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