Homèlie du Père Hangenbach, 23 juillet (Mt 13, 24-43)

Sœurs et frères,

Ce dimanche nous avons affaire à un Jésus agronome, agriculteur, paysan. La pararabole de l’ivraie et du bon grain pourrait paraître archaïque à notre civilisation de plus en plus citadine. Pourtant il ne se passe pas un jour sans que nous mangions un bout de pain… ou quelque chose qui lui ressemble !

Qui dit pain , dit blé ! Ce dimanche est le jour du blé,  le jour du Royaume et aussi le jour de l’ivraie.

Le jour du blé

A l’époque de Jésus, en Palestine, le blé constituait la principale source d’alimentation avec l’huile et le vin et l’on en exportait. Pour les Romains la Palestine était un de leurs greniers. Le blé servait de mesure de paiement et valait trois fois plus que l’orge ; dans notre langue nous en avons gardé une trace familière : « faire son blé »… « je me suis fait du blé » … « je suis fauché , je n’ai plus de blé ! ».

Et là nous voyons tout de suite à quel point le blé est devenu ambigu : il y a de l’ivraie en lui… Il peut devenir synonyme d’argent malhonnête… Notre étrange civilisation a réussi à introduire le soupçon de l’ivraie dans la sainteté du blé ! Derrière le blé, nous voyons l’argent ; le Christ n’y voyait que le pain qui fait vivre, le pain du Royaume. Pour nous, faire du blé c’est souvent gagner de l’argent. Pour le Christ,faire du blé, c’est faire le pain, c ‘est faire de sa vie un pain comestible. « Il prit du pain et le rompit ! »

Le jour du Royaume

Le blé est le symbole du Royaume dans cet Evangile car il pousse à côté de l’ivraie, dans l’ivraie, comme le levain dans la pâte ! Matthieu nous parle cinquante-et-une fois du Royaume dans son Evangile… Pour lui c’est l’essentiel, l’horizon… Il développe cette parabole en nommant une graine encore plus petite que le blé : la graine de moutarde ! Elle ne deviendra jamais un arbre énorme, comme le séquoia ou le cèdre du Liban ; le moutardier restera une grande plante, peut être de quelques mètres en Palestine.

Qu’est ce qu ‘une graine toute petite dans la paume d’une main ? La vie de Jésus elle-même a été une toute petite activité de quelques mois perdue dans un coin de l’empire romain. Et pourtant aujourd’hui il y a des oiseaux de toutes sortes qui viennent s’y retrouver partout sur notre planète ! Il y a des baptisé(e)s un peu partout… Rêver de  dominer le monde, pour toute religion, restera une impasse.

Aujourd’hui le Christ nous lance un appel à la patience, à nous les gens toujours pressés, à nous les impatients. Un appel à l’Attente …espérante, sereine et active de son Royaume ; cette attente fait partie de la parabole et est inséparable de notre foi !

Pour nous, faire son blé c’est souvent ne pas « perdre de temps », car le temps c’est de l’argent. Pour le Christ, faire son blé, c’est semer une graine de moutarde et contempler comme elle pousse, écouter le silence de sa croissance, se réjouir déjà de son gôut à venir !

Le jour de l’ivraie, aussi

Dans notre parabole, le blé et l’ivraie sont semés par des semeurs differents. Le blé est semé en plein jour ; l’ivraie est semée la nuit, en se cachant, lorsque nous dormons… Le Christ veut nous dire par là que le mal n’est pas notre vrai visage, qu’il se glisse clandestinement dans nos vies.

La semaine dernière le Christ insistait sur le danger des mauvaises herbes. Aujourd’hui il se reprend un peu et nous dit qu’il faut les laisser pousser ensemble …sous peine de tuer le blé. Peut-on d’ailleurs faire autrement dans nos vies ? Au début de sa croissance l’ivraie ressemble beaucoup au blé. Mais plus tard les fruits ne seront pas les mêmes. Ce n’est pas à nous de trancher. Dieu a pris aussi le risque de l’attente. A tout homme il a donné sa chance de mûrissement, de fécondité, de conversion. Faire son blé, pour nous c’est souvent calculer la rentabilité de nos actions, juger… Faire son blé pour le Christ c’est faire confiance en son Père, c’est croire que le blé jamais ne périra, malgré toute l’ivraie du monde !

En conclusion, pourquoi le Christ nous appelle-t-il à la patience ? Pour deux raisons, je crois. Nous ne sommes pas capables de faire définitivement le tri entre la grâce et le péché, entre le mal et le bien. Le peuple de Dieu restera humblement caché au milieu de la foule. Ne prétendons pas sonder les coeurs ! Nous arracherions le blé à la place de l’ivraie. L’appel à la patience est d’abord un appel à l’humilité.

Voici la seconde raison : c’est le semeur qui détermine l’heure du tri ; c’est le semeur qui décide de la moisson. Il connaît l’heure de la plénitude du fruit. J’accueille l’Autre dans mon avenir.

Si pour nous faire son blé c’est souvent faire son beurre, pour le Christ, faire son blé c’est vouloir notre bonheur !

Première messe solennelle d’Efraïn

Première Messe d’Efraïn – Partie 1

Partie 2
Partie 3

Efraïn de La Rosa Alaniz, ordonné prêtre le 25 juin dernier à la cathédrale de Strasbourg, a célébré le 16 juillet sa première messe solennelle à Reichstett. Accueilli sur le seuil du presbytère – où il a résidé pendant ses deux ans de stage – par les paroissiens de la communauté de paroisses des Boucles de la Souffel rassemblés dans le jardin en présence du maire de Reichstett Georges Schuler, il s’est ensuite dirigé vers l’église Saint-Michel sur le parvis de laquelle un splendide tapis de fleurs avait été confectionné tôt dans la matinée par des petites mains habiles. Il a ensuite présidé la messe entouré de notre curé l’abbé Gabriel Tchonang et du vicaire l’abbé René Awoumé – qui aux dires du père Gabriel a été son ange gardien tout au long de ses deux années – et donné une belle homélie. La partie musicale était assurée par la chorale Sainte-Cécile et nos deux organistes Epiphane et Noé. Isabelle Schreiber, chef de choeur, a interprété à la tribune l’Ave Maria. Dans ses remerciements Efraïn a notamment mentionné sa communauté d’appartenance, le Chemin néocatéchuménal, et dont la famille qui l’avait accueilli lors de son arrivée à Strasbourg était présente dans l’assemblée. En fin de célébration des cadeaux lui ont été remis : des chasubles aux différentes couleurs liturgiques et une valise-chapelle. A la fin de la messe il a béni un à un tous les paroissiens avant d’être remercié de façon originale sur l’air de « La ballade des gens heureux » par des paroles réécrites spécialement pour lui par Séverine et toute la « pasto jeunes ». Après le verre de l’amitié offert à tous Efraïn a invité pour le déjeuner au foyer Saint-Michel ceux avec qui il a travaillé de façon plus étroite tout au long de ces deux années. Après sa participation aux Journées mondiales de la jeunesse au Portugal il prendra la direction de Mulhouse où il desservira la communauté de paroisses des Collines. La messe d’installation de son nouveau curé aura lieu le dimanche 17 septembre. Quant à sa succession chez nous elle sera assurée par Rami Hindo, séminariste présent ce jour et qui a été présenté à la communauté par notre curé. Rami sera ordonné diacre le 23 septembre à la cathédrale de Strasbourg.

Homélie de la première messe d’Efraïn

Efraîn et Isacco ordonnés à la cathédrale

C’est entourés de leurs familles, de leurs amis, des prêtres et des paroissiens de notre communauté des Boucles de la Souffel et de celle de Strasbourg-Cronenbourg où ils étaient en stage diaconal, des membres de la communauté du Chemin néocatéchuménal  à laquelle ils appartiennent tous deux, et de nombreux fidèles qu’Efraïn De La Rosa Alaniz, d’origine mexicaine, et Isacco Geronzi, originaire de la Suisse italienne, ont été ordonnés prêtres en la cathédrale Notre Dame de Strasbourg et incardinés dans le diocèse alsacien. Pour tous deux le chemin de foi n’a pas été linéaire mais ils se sont éloignés d’elle pendant un temps, pour mieux la retrouver et être saisis par le Christ qui les a donc appelés au travers du discernement de l’Eglise à devenir prêtres. En l’absence de Mgr Philippe Ballot, l’administrateur apostolique, empêché vu qu’il procédait ce même dimanche en sa cathédrale de Metz à l’ordination d’un diacre et d’un prêtre, c’est Mgr Roland Minnerath, archevêque émérite de Djon, qui a procédé à l’ordination, recevant des ordinants la promesse de fidélité à l’administrateur apostolique, au futur archevêque de Strasbourg et à ses successeurs. Auparavant, dans son commentaire de l’évangile choisi par les ordinands (Jean 12,6-14) Mgr Minnerath s’était adressé à eux en leur rappelant que « c’est Jésus qui vous a choisis, c’est Lui qui vous choisit. Pour être choisi il faut avoir les dispositions qui sont celles de Jésus Lui-même. Jésus voudrait faire de vous des icônes de Lui-même. Les prêtres sont là pour aller vers le peuple de Dieu, vers l’humanité, aussi par le témoignage de leur vie. Etre envoyé manifeste la présence du Christ. C’est ce dont le monde a le plus besoin. » Il poursuivait encore en précisant que « nous sommes des êtres libres. Celui qui manifeste cette liberté, c’est celui qui est capable de donner sa vie. » Et plus loin : « Notre monde a besoin de prêtres heureux. C’est par le rayonnement de votre vie que vous manifesterez l’amour sans limites de Dieu pour l’humanité. Le plus important est de répondre à la question de Jésus « M’aimes-tu ? Si tu dis oui alors tu iras sans regarder en arrière. Ta vie sera placée dans la lumière de la Résurrection. (…) Face aux temps difficiles que traverse notre humanité nous croyons que la lumière de la Résurrection transforme le monde. »

La célébration a encore été marquée par trois belles interventions musicales liturgiques à la guitare par deux membres du Chemin néocatéchuménal et les nouveaux prêtres ont été chaleureusement applaudis dès le rituel de l’ordination achevé. A l’issue de la messe a été  divulguée l’affectation des nouveaux prêtres. Tous deux sont envoyés  à Mulhouse, Efraïn dans la communauté des Collines (Rixheim, Riedisheim, Eschentzwiller, Habsheim et Ile Napoléon), Isacco dans celle des Cheminées. La célébration s’est prolongée par le pot de l’amitié dans la cour de l’institut de la Providence où les nouveaux ordonnés ont béni un à un les fidèles qui venaient solliciter cette prière.

Fête-Dieu à Souffelweyersheim

La procession de la Fête-Dieu de la paroisse Saint-Georges de Souffelweyersheim a comme d’habitude eu lieu aux trois reposoirs aménagés dans le centre du village. On notait cette année la présence exceptionnelle d’une troupe de jeannettes des paroisses Saint-Maurice et Saint-Bernard à l’occasion de leur séjour d’une journée dans nos villages. Pendant la messe Pierrette et Israël, baptisé le 28 mai, avaient au préalable fait leur première communion.

Marianne et Jérôme sont mariés !

Il faudra désormais s’habituer à appeler la présidente de la chorale interparoissiale Sainte-Cécile Marianne Samok. Marianne Heitz et Jérôme Samok viennent en effet d’officialiser leur union de longue date pour accepter d’en faire le signe de l’amour miséricordieux, patient et indéfectible de Dieu à notre égard. Il se sont en effet mariés le samedi 10 juin en mairie puis à l’église de Reichstett. A cette occasion la chorale et Isabelle Schreiber, sa dirigeante, ont donné le meilleur d’elles-mêmes, tandis que l’association reichstettoise de reconstitution historique La Grande-armée d’alsace-Lorraine, dirgée par Jérôme, participait à la célébration en tenues d’apparat. Nos organistes Epiphane Hervé Akuetey-Akue et Noé Brencklé avaient eux aussi sorti les grands jeux. Dans son homélie le père Gabriel relevait le dévouement généreux de Marianne dans ses différentes responsabilités paroissiales et le souci des pauvres et des faibles de Jérôme. Après la haie d’honneur des soldats de l’Empereur tout ce beau monde s’est retrouvé au foyer Saint-Michel autour du pot de l’amitié.

Solennité de la Très Sainte Trinité – Jubilé de mariage et profession de foi

Alors que, lors de la messe anticipée de la solennité de la Très Sainte Trinité, Isabelle, notre chef de choeur de la chorale interparoissiale Sainte-Cécile, et son époux Denis Schreiber se voyaient bénis par le père Gabriel à l’occasion de leurs trente-cinq ans de mariage fêtés en ce jour, la messe du dimanche à l’église Saint-Georges voyait la célébration de la profession de foi de douze de nos adolescents. La messe était animée par les ensembles Séraphins et Vases d’argile. L’un d’eux, Victor, a effectué à cette occasion sa première communion et, à l’issue de la célébration, le père Gabriel a béni le bébé d’un couple membre de la chorale des Séraphins.

Homélie du Père Gabriel

Paroisses de Reichstett et de Souffelweyersheim