HOMELIE FETE DU CHRIST ROI DE L’UNIVERS

Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui, la fête du Christ, Roi de l’Univers. Cette fête, instituée en 1925, clôture l’Année liturgique. Chaque jour et chaque dimanche, nous disons, dans la prière du Notre Père, « que ton règne vienne« . De quel règne s’agit-il ? Que faut-il comprendre du Christ,  Roi de l’Univers. Quel sens,  à la lumière de la Parole de Dieu, faut-il donner à la fête de ce jour?

Tout à l’heure, à la sacristie, j’ai demandé aux servants d’autel, s’ils avaient déjà vu un troupeau…. ou encore un troupeau à la débandade. C’est l’image qui vient à l’esprit du prophète Ézéchiel à propos du peuple d’Israël au moment de l’Exil à Babylone. On est en pleine tentation de découragement, on risque de penser que le peuple de Dieu n’est plus le peuple de Dieu, et même plus un peuple du tout. Va-t-il être rayé de la carte ?

Mais, notre prophète est justement, un prophète. Et donc il sait que Dieu est fidèle à son Alliance, il sait que Dieu n’abandonne jamais son peuple, son troupeau. « C’est moi qui ferai paître mon troupeau » dit Dieu.

La première grande Bonne Nouvelle de notre 1ère lecture est là : « Vous êtes encore le troupeau de Dieu ». Car il reste fidèle à son Alliance en toutes circonstances. « J’irai moi-même à la recherche de mes brebis « dit Dieu.

 La deuxième Bonne Nouvelle qui en découle aussitôt consiste en l’annonce de la fin de l’Exil à Babylone et le retour au pays. Alors, suit cette évocation magnifique de la sollicitude du berger : « La brebis perdue, je la chercherai; l’égarée, je la ramènerai; celle qui est blessée je la panserai; celle qui est malade, je lui rendrai des forces;  celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit. »

C’est la Troisième Bonne Nouvelle de ce texte; une promesse de bonheur. Dieu va veiller lui-même sur ses brebis à l’avenir. Il se fera lui-même leur berger. Ce qui implique à la fois sollicitude et fermeté.

Frères et sœurs, quand Ezéchiel présente Dieu comme le bon berger dont rêve le peuple, il y a une pointe contre les rois qui ont régné sur Israël jusqu’à l’Exil à Babylone. Ils ont oublié qu’ils n’étaient que les lieu-tenants de Dieu (au sens étymologique de ce mot « tenant lieu »)…Le Messie, quand il viendra, sera comme un bon berger. Le roi que nous célébrons aujourd’hui, est essentiellement un Roi-Berger.

Ezéchiel (dans la première lecture) parle de Dieu et nous dit : « Dieu est avec l’homme comme un berger qui mène ses brebis vers les meilleurs pâturages. » Dans le psaume 22/23, c’est la brebis (entendez le peuple d’Israël) qui parle de son berger et s’émerveille de sa sollicitude : « Il me mène vers les eaux tranquilles… Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer ».

Dans ces deux textes (celui d’Ezéchiel et le psaume), l’image du berger était une manière de parler de la royauté, et on ne perdait pas de vue que Dieu seul est véritablement le roi d’Israël. Paul, lui, qui a eu la chance, l’honneur de rencontrer le Christ ressuscité, sait désormais que c’est le Christ qui instaure lentement mais sûrement ce Royaume de Dieu sur la terre. Paul dit bien : « C’est lui (le Christ) en effet qui doit régner… et quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils, lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis… »

 Oui, le Ressuscité est, sans hésitation possible, le Messie attendu depuis des siècles. C’est pourquoi, au fil des lettres de Paul, on reconnaît toutes les expressions de l’attente messianique de l’époque. Dans le passage que nous lisons aujourd’hui, dans la lettre aux Corinthiens, il y a deux expressions fortes de l’attente d’un Messie-Roi :

  • « Tout sera achevé quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. » (sous-entendu après avoir détruit toutes les puissances du mal. » (verset 24)…
  • « Il doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. »

Fêter le Christ, Roi de l’univers c’est affirmer avec force que c’est dans le Christ que tous recevront la vie, c’est célébrer un ROI SERVITEUR de VIE, donneur de VIE.

« Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. » Par cette parabole, Jésus nous révèle notre vocation, le projet que Dieu a sur l’humanité en nous créant : nous sommes faits pour être rois. Et il faut écrire « roi » au singulier ; car c’est l’humanité tout entière qui est créée pour être reine ; « Remplissez la terre et dominez-la » dit Dieu à l’homme au commencement du monde. (Gn 1, 28).

               À tous ceux qui auront su avoir des gestes d’amour et de partage, le Fils de l’homme dit : « Venez les bénis de mon Père » : « ce n’est pas en me disant : Seigneur, Seigneur ! Qu’on entrera dans le Royaume des cieux ; mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. » (Mt 7, 21). Si bien que, contrairement aux apparences, ce n’est pas une parabole sur le jugement que Jésus développe ici : c’est beaucoup plus grave et dérangeant : il s’agit du lien entre tout homme et Jésus : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Voici la pointe de la parabole: pour lui, être juste, c’est-à-dire être accordé au projet de Dieu, c’est donner à pleines mains à qui est dans le besoin.

Que le service soit roi, parce que  simplement, la royauté du Christ est une royauté de service. Jésus est ROI SERVITEUR.

En définitive, frères et sœurs, célébrer la fête du Christ, Roi de l’Univers, c’est s’engager à se laisser conduire par LE BERGER, à vivre par Lui et en Lui, ROI SERVITEUR de  VIE. Célébrer, la fête du Christ Roi de l’Univers, c’est ne jamais oublier que, par le baptême, chacun de nous est prêtre, prophète et roi.  Roi au service des affamés et assoiffés, des malades et des pauvres, des étrangers et des prisonniers. Nous sommes rois pour servir et non pour être servi. Quelle exigence !!! 

 

 

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