HOMELIE DE L’EPIPHANIE 6 et 7 janvier 2018

Frères et sœurs,

Les fêtes de Noël ont leur achèvement qui donne au mystère de l’Incarnation la nouvelle perspective d’universalité du salut, sa signification la plus consolante d’espoir infini.

Elle est venue la Lumière. Aussi ténue soit-elle, elle vient éclairer la vie des hommes. « Lève les yeux alentour et regarde« . C’est ainsi que le prophète Isaïe s’adresse à ses concitoyens comme pour les remettre en confiance et leur promettre un avenir: « tu verras tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera« . Que des verbes en mode de futur. Ce rêve éveillé trouvera sa réalisation en Jésus. Et les mages, ces étrangers venus d’Orient, en sont les annonciateurs. Ils viennent déposer aux pieds de l’enfant, l’or que l’on décerne au roi, l’encens que l’on fait monter vers Dieu et la myrrhe réservée au prophète.

Frères et sœurs, voilà le mystère dont nous parle Paul dans la 2ème lecture de ce jour. Ce ne sont pas seulement les Juifs qui goûteront la Bonne Nouvelle. « Ce  sont toutes les nations qui sont associées au même héritage. La dimension universelle est ici annoncée et les mages en sont les témoins.

 A la question : « A qui Dieu veut-il faire connaître son Fils Incarné? » La réponse qui nous est proposée aujourd’hui est : « A tous ». Mais alors, « pourquoi n’est-t-il pas reconnu par tous? » Parce qu’il ne suffit pas de savoir ce l’Ecriture que dit sur le Messie pour croire en Jésus. C’est qui arriva aux prêtres interrogés par Hérode sur la naissance du Messie. Ils donnèrent la réponse juste mais n’allèrent pas à la grotte de Bethléem. Ils ne peuvent même pas le rencontrer qui Le sent comme ennemi potentiel, comme Hérode qui voulait savoir où Jésus était né pour l’éliminer.

Comme les pasteurs et les gens simples à Noël, seuls les Rois Mages  – et aujourd’hui ceux qui ont la même attitude – trouvent Jésus qui se manifeste comme l’objectif de leur voyage (Epiphanie signifie  manifestation). Mettons-nous en route nous aussi, il ne nous arrivera pas de ne pas le rencontrer et de ne pas l’accueillir, tandis que des étrangers viendront de loin pour nous demander où le Roi est né.

Qu’avaient-ils en commun les Pasteurs et les Rois Mages? Le désir du salut, reconnu dans un Enfant à qui les premiers  donnèrent du  lait et de la laine et  les seconds de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais surtout ils  se donnèrent eux-mêmes, en s’agenouillant et en adorant.

Aujourd’hui, nous sommes appelés à avoir la même attitude de chercheurs de l’Infini et d’adorateurs de la Vérité qui se manifeste dans cet amour d’Enfant. Dieu ne se manifeste pas seulement comme un enfant, Lui, est cet Enfant, qui manifeste le cœur du Père, qui nous le donne pour qu’il devienne nourriture pour notre chemin, médicament pour nos faiblesses, ami de notre conversation.

Cet enfant grandira, sera un jeune homme, adulte, sera Maître et opérateur de miracles, sera moqué, refusé, abandonné, enterré, ressuscitera parmi les morts, à nouveau et éternellement vivant : en tout cela, Lui est « épiphanie » dans laquelle Dieu se révèle. C’est ce Dieu, que nous, comme les Rois Mages, adorons.

Mais chaque être humain est, dans un certain sens, Epiphanie de Dieu. Dieu a décidé de se révéler en se « cachant » dans chaque homme.

Frères et sœurs, L’Epiphanie n’est pas seulement la manifestation de Jésus Christ, Fils de Dieu incarné et Rédempteur de toute l’humanité mais est aussi la solennité de l’adoration et de la donation.

Le texte de l’Evangile d’aujourd’hui nous rappelle l’arrivée des Rois Mages à la grotte de Bethléem et les trois actions importantes de ces rois devant le Roi des juifs : prostration, adoration et donation.

Prostration : c’est l’attitude d’humble révérence vers une autorité morale et spirituelle. Jésus est reconnu,  par les sages de son temps, l’autorité morale et religieuse à laquelle se confronter.(Apprenons à nous prosterner.)

Adoration : c’est l’autre action que font les Rois Mages devant Jésus. Ils adorent la divinité. Les païens adoraient les idoles. Dans un moment dramatique les Juif se construisirent un veau en or et l’adorèrent pendant que Moïse était sur le Mont Sinaï avec Dieu. Toujours, l’homme se construit des fausses idoles et les a travaillés comme une solution possible de ses propres problèmes existentiels. Aujourd’hui encore, les idoles fascinent, celles du succès, du bien-être, de la carrière, du pouvoir économique, militaire, politique et religieux et tant d’autres qui mettent l’homme dans la condition d’offenser et de détruire d’autres hommes pour arriver à leurs buts. Au contraire, les Rois Mages adorent le Dieu vivant qui dans cet enfant, pauvre, humble, reposant dans cette crèche attire à juste raison  toute leur attention et leur prière (apprenons à avoir des attitudes d’adoration).

Donation : lorsqu’il y a la bonté dans le cœur et l’ouverture à l’autre presqu’instinctivement se déclenche l’action de donner quelque chose de soi à celui qui se trouve en face. Ici les Rois Mages se trouvent en face du Roi des juifs et lui offrent trois dons; de l’or, de l’encens et de la myrrhe, pour faire ressortir sa royauté, sa mission, sa mort et sa résurrection. A travers ces dons se trouve une signification spécifique qui peut être attribuée à l’Enfant Jésus, ce Fils de Dieu et Rédempteur de l’humanité.

Voilà la fête de l’Epiphanie !

Nous serons sages comme les Mages si, en prenant Jésus comme Chemin, nous prenons le chemin de la foi, le chemin de la conversion, le chemin de l’amour.

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