
Homélie du Père Gabriel – Dimanche 17 septembre – Matthieu (18, 21-35)



Soeurs et frères,
Ce dimanche, nous avons droit à deux petites histoires très courtes ; on dirait deux fables de La Fontaine. Nous pourrions les intituler : « Le paysan et le négociant » ! Tous deux découvrent le Royaume de Dieu et pour cela vendent tout !
Trois étapes pour entrer aujourd’hui dans cette chasse au trésor : la perle et le champ, la joie et la foi, le cœur et la sagesse .
Le paysan et le négociant vendent tout… tout d’un coup !
« Ils sont fous ! » a-t-on dû leur dire. En fait ce sont les autres qui ne savent pas de quoi est faite leur vie, qui ne connaissent pas la nature du trésor découvert. Un trésor qui parle à leur cœur…éblouissant. Un trésor qui change le cours de leur histoire. Un trésor qui vient des profondeurs de la terre et de la mer ! Des plongeurs aguerris , au péril de leur vie, en mer Rouge et dans le golfe Persique chaque jour partaient à la recherche de la perle rare .
Si le royaume de Dieu ne s’achète pas, il est trop précieux pour ne rien côuter ! Son prix , c’est toute ma vie !
Le Royaume est cette énergie qui déplace les montagnes, qui nous fait faire des choses incroyables qui des fois semblent inutiles, non productives… Un souflle qui nous fait vendre toute notre vie d’avant. Le Royaume de Dieu a de quoi subjuguer les hommes, il est ce qui provoque la joie immense !
Les deux paraboles commençent un peu comme nos contes de fées : « il était une fois… ». Mais à la fin nos héros ne transforment pas leur masure en château. Ala fin c’est eux qui sont transformés. Leur vie moyenne est devenue vie de château !
Le Christ arrête l’histoire sur cet étonnement, cette joie et cette espérance en l’humanité ! Si nous pouvons avoir autant de courage, faire autant de folie pour une perle ou un diamant, pourquoi n’en aurions-nous pas autant pour le Royaume de Dieu ?
Cette demande plut au Seigneur : « Puisque c’est cela que tu m’as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, puisque tu as demandé le discernement….je te donne un cœur intelligent et sage… ! ».
Sœurs et frères, voici où nous ont conduits le paysan et le négociant, voici où nous a menés notre chasse au trésor aujourd’hui, voici donc notre perle rare : cherchons la sagesse du cœur, prions pour faire mûrir notre joie, notre foi et notre espérance …..et pour cela relativisons, vendons tout le reste !
Débarassons nous des vieux oripeaux ; comme il est écrit en ce dernier jour des soldes, « tout doit disparaître ! »…pour accueillir la nouveauté du Royaume qui vient !
Christophe Hagenbach


Sœurs et frères,
Ce dimanche nous avons affaire à un Jésus agronome, agriculteur, paysan. La pararabole de l’ivraie et du bon grain pourrait paraître archaïque à notre civilisation de plus en plus citadine. Pourtant il ne se passe pas un jour sans que nous mangions un bout de pain… ou quelque chose qui lui ressemble !
Qui dit pain , dit blé ! Ce dimanche est le jour du blé, le jour du Royaume et aussi le jour de l’ivraie.
Le jour du blé
A l’époque de Jésus, en Palestine, le blé constituait la principale source d’alimentation avec l’huile et le vin et l’on en exportait. Pour les Romains la Palestine était un de leurs greniers. Le blé servait de mesure de paiement et valait trois fois plus que l’orge ; dans notre langue nous en avons gardé une trace familière : « faire son blé »… « je me suis fait du blé » … « je suis fauché , je n’ai plus de blé ! ».
Et là nous voyons tout de suite à quel point le blé est devenu ambigu : il y a de l’ivraie en lui… Il peut devenir synonyme d’argent malhonnête… Notre étrange civilisation a réussi à introduire le soupçon de l’ivraie dans la sainteté du blé ! Derrière le blé, nous voyons l’argent ; le Christ n’y voyait que le pain qui fait vivre, le pain du Royaume. Pour nous, faire du blé c’est souvent gagner de l’argent. Pour le Christ,faire du blé, c’est faire le pain, c ‘est faire de sa vie un pain comestible. « Il prit du pain et le rompit ! »
Le jour du Royaume
Le blé est le symbole du Royaume dans cet Evangile car il pousse à côté de l’ivraie, dans l’ivraie, comme le levain dans la pâte ! Matthieu nous parle cinquante-et-une fois du Royaume dans son Evangile… Pour lui c’est l’essentiel, l’horizon… Il développe cette parabole en nommant une graine encore plus petite que le blé : la graine de moutarde ! Elle ne deviendra jamais un arbre énorme, comme le séquoia ou le cèdre du Liban ; le moutardier restera une grande plante, peut être de quelques mètres en Palestine.
Qu’est ce qu ‘une graine toute petite dans la paume d’une main ? La vie de Jésus elle-même a été une toute petite activité de quelques mois perdue dans un coin de l’empire romain. Et pourtant aujourd’hui il y a des oiseaux de toutes sortes qui viennent s’y retrouver partout sur notre planète ! Il y a des baptisé(e)s un peu partout… Rêver de dominer le monde, pour toute religion, restera une impasse.
Aujourd’hui le Christ nous lance un appel à la patience, à nous les gens toujours pressés, à nous les impatients. Un appel à l’Attente …espérante, sereine et active de son Royaume ; cette attente fait partie de la parabole et est inséparable de notre foi !
Pour nous, faire son blé c’est souvent ne pas « perdre de temps », car le temps c’est de l’argent. Pour le Christ, faire son blé, c’est semer une graine de moutarde et contempler comme elle pousse, écouter le silence de sa croissance, se réjouir déjà de son gôut à venir !
Le jour de l’ivraie, aussi
Dans notre parabole, le blé et l’ivraie sont semés par des semeurs differents. Le blé est semé en plein jour ; l’ivraie est semée la nuit, en se cachant, lorsque nous dormons… Le Christ veut nous dire par là que le mal n’est pas notre vrai visage, qu’il se glisse clandestinement dans nos vies.
La semaine dernière le Christ insistait sur le danger des mauvaises herbes. Aujourd’hui il se reprend un peu et nous dit qu’il faut les laisser pousser ensemble …sous peine de tuer le blé. Peut-on d’ailleurs faire autrement dans nos vies ? Au début de sa croissance l’ivraie ressemble beaucoup au blé. Mais plus tard les fruits ne seront pas les mêmes. Ce n’est pas à nous de trancher. Dieu a pris aussi le risque de l’attente. A tout homme il a donné sa chance de mûrissement, de fécondité, de conversion. Faire son blé, pour nous c’est souvent calculer la rentabilité de nos actions, juger… Faire son blé pour le Christ c’est faire confiance en son Père, c’est croire que le blé jamais ne périra, malgré toute l’ivraie du monde !
En conclusion, pourquoi le Christ nous appelle-t-il à la patience ? Pour deux raisons, je crois. Nous ne sommes pas capables de faire définitivement le tri entre la grâce et le péché, entre le mal et le bien. Le peuple de Dieu restera humblement caché au milieu de la foule. Ne prétendons pas sonder les coeurs ! Nous arracherions le blé à la place de l’ivraie. L’appel à la patience est d’abord un appel à l’humilité.
Voici la seconde raison : c’est le semeur qui détermine l’heure du tri ; c’est le semeur qui décide de la moisson. Il connaît l’heure de la plénitude du fruit. J’accueille l’Autre dans mon avenir.
Si pour nous faire son blé c’est souvent faire son beurre, pour le Christ, faire son blé c’est vouloir notre bonheur !
Efraïn de La Rosa Alaniz, ordonné prêtre le 25 juin dernier à la cathédrale de Strasbourg, a célébré le 16 juillet sa première messe solennelle à Reichstett. Accueilli sur le seuil du presbytère – où il a résidé pendant ses deux ans de stage – par les paroissiens de la communauté de paroisses des Boucles de la Souffel rassemblés dans le jardin en présence du maire de Reichstett Georges Schuler, il s’est ensuite dirigé vers l’église Saint-Michel sur le parvis de laquelle un splendide tapis de fleurs avait été confectionné tôt dans la matinée par des petites mains habiles. Il a ensuite présidé la messe entouré de notre curé l’abbé Gabriel Tchonang et du vicaire l’abbé René Awoumé – qui aux dires du père Gabriel a été son ange gardien tout au long de ses deux années – et donné une belle homélie. La partie musicale était assurée par la chorale Sainte-Cécile et nos deux organistes Epiphane et Noé. Isabelle Schreiber, chef de choeur, a interprété à la tribune l’Ave Maria. Dans ses remerciements Efraïn a notamment mentionné sa communauté d’appartenance, le Chemin néocatéchuménal, et dont la famille qui l’avait accueilli lors de son arrivée à Strasbourg était présente dans l’assemblée. En fin de célébration des cadeaux lui ont été remis : des chasubles aux différentes couleurs liturgiques et une valise-chapelle. A la fin de la messe il a béni un à un tous les paroissiens avant d’être remercié de façon originale sur l’air de « La ballade des gens heureux » par des paroles réécrites spécialement pour lui par Séverine et toute la « pasto jeunes ». Après le verre de l’amitié offert à tous Efraïn a invité pour le déjeuner au foyer Saint-Michel ceux avec qui il a travaillé de façon plus étroite tout au long de ces deux années. Après sa participation aux Journées mondiales de la jeunesse au Portugal il prendra la direction de Mulhouse où il desservira la communauté de paroisses des Collines. La messe d’installation de son nouveau curé aura lieu le dimanche 17 septembre. Quant à sa succession chez nous elle sera assurée par Rami Hindo, séminariste présent ce jour et qui a été présenté à la communauté par notre curé. Rami sera ordonné diacre le 23 septembre à la cathédrale de Strasbourg.
Notre ancien curé l’abbé Albert Nouati a présidé en l’église de Reichstett le rassemblement annuel des chorales d’enfants qu’il a créées dans ses différentes paroisses. Il était assisté de notre tout jeune prêtre Efraïn De La Rosa Alaniz pour lequel une cagnotte est encore ouverte jusqu’au 12 juillet.
Cinq jeunes de notre communauté de paroisses ont reçu le sacrement de la confirmation en l’église Sainte Bernadette de Strasbourg le 10 juin dernier. Ils ont été confirmés par le Chanoine Jean-Luc LIENARD, en présence du Père Gabriel, mais également d’Efraïm et d’Aline, leur deux catéchistes.
C’est entourés de leurs familles, de leurs amis, des prêtres et des paroissiens de notre communauté des Boucles de la Souffel et de celle de Strasbourg-Cronenbourg où ils étaient en stage diaconal, des membres de la communauté du Chemin néocatéchuménal à laquelle ils appartiennent tous deux, et de nombreux fidèles qu’Efraïn De La Rosa Alaniz, d’origine mexicaine, et Isacco Geronzi, originaire de la Suisse italienne, ont été ordonnés prêtres en la cathédrale Notre Dame de Strasbourg et incardinés dans le diocèse alsacien. Pour tous deux le chemin de foi n’a pas été linéaire mais ils se sont éloignés d’elle pendant un temps, pour mieux la retrouver et être saisis par le Christ qui les a donc appelés au travers du discernement de l’Eglise à devenir prêtres. En l’absence de Mgr Philippe Ballot, l’administrateur apostolique, empêché vu qu’il procédait ce même dimanche en sa cathédrale de Metz à l’ordination d’un diacre et d’un prêtre, c’est Mgr Roland Minnerath, archevêque émérite de Djon, qui a procédé à l’ordination, recevant des ordinants la promesse de fidélité à l’administrateur apostolique, au futur archevêque de Strasbourg et à ses successeurs. Auparavant, dans son commentaire de l’évangile choisi par les ordinands (Jean 12,6-14) Mgr Minnerath s’était adressé à eux en leur rappelant que « c’est Jésus qui vous a choisis, c’est Lui qui vous choisit. Pour être choisi il faut avoir les dispositions qui sont celles de Jésus Lui-même. Jésus voudrait faire de vous des icônes de Lui-même. Les prêtres sont là pour aller vers le peuple de Dieu, vers l’humanité, aussi par le témoignage de leur vie. Etre envoyé manifeste la présence du Christ. C’est ce dont le monde a le plus besoin. » Il poursuivait encore en précisant que « nous sommes des êtres libres. Celui qui manifeste cette liberté, c’est celui qui est capable de donner sa vie. » Et plus loin : « Notre monde a besoin de prêtres heureux. C’est par le rayonnement de votre vie que vous manifesterez l’amour sans limites de Dieu pour l’humanité. Le plus important est de répondre à la question de Jésus « M’aimes-tu ? Si tu dis oui alors tu iras sans regarder en arrière. Ta vie sera placée dans la lumière de la Résurrection. (…) Face aux temps difficiles que traverse notre humanité nous croyons que la lumière de la Résurrection transforme le monde. »
La célébration a encore été marquée par trois belles interventions musicales liturgiques à la guitare par deux membres du Chemin néocatéchuménal et les nouveaux prêtres ont été chaleureusement applaudis dès le rituel de l’ordination achevé. A l’issue de la messe a été divulguée l’affectation des nouveaux prêtres. Tous deux sont envoyés à Mulhouse, Efraïn dans la communauté des Collines (Rixheim, Riedisheim, Eschentzwiller, Habsheim et Ile Napoléon), Isacco dans celle des Cheminées. La célébration s’est prolongée par le pot de l’amitié dans la cour de l’institut de la Providence où les nouveaux ordonnés ont béni un à un les fidèles qui venaient solliciter cette prière.
