Homélie du père christophe hagenbach (22/12/19)

En ce dernier dimanche de l’Avent avant Noël l’abbé Christophe, qui a célébré la messe à Reichstett, nous a gratifiés d’une splendide homélie dont vous trouverez le texte en annexe. L’après-midi la chorale Sainte-Cécile et la chorale gospel Angel’s voice ont donné à l’église Saint-Georges  un concert dans le cadre du Noël au village organisé par la municipalité, avec en prime un diaporama de Jean-Pierre Grettner.

Quatrième dimanche de l’Avent

Le feu bientôt au vert !

Soeurs et frères,

Aujourd’hui c’est le dimanche du presque. Nous y sommes presque ! Comme le dit Isaïe d’ici le 24 au soir : « ne fatiguons plus Dieu ». Ne l’accablons pas encore de toutes nos récriminations. Il est peut-être fatigué de sa marche vers Béthléem. Alors laissons-le reposer calmement, en silence, dans le ventre de Marie, et peut-être sur l’âne de Joseph. Ne fatiguons plus Dieu. Restons encore quelques heures dans le presque ! Le presque de Joseph et le presque de l’Emmanuel.

1. Tout d’abord Joseph. Matthieu parle plus de lui que de Marie. C’est le dimanche de Joseph, enfin… l’annonce à Joseph comme on disait ! Je vous invite donc aujourd’hui à faire comme lui, à dormir pendant mon homélie. Endormez-vous, retrouvez vos rêves, rejoignez le rêve de Joseph. Le presque, n’est ce pas le temps du désir, de l’attente ? comme nos rêves ? Joseph ne parle pas (ouf…) mais il rêve. Il est presque réveillé. Il va presque renvoyer Marie sa fiancée enceinte bien trop tôt, c’est sûr ! Mais d’abord il dort. « Le Seigneur comble son bien aimé quand il dort » (Ps.). La nuit porte conseil. Un ange ou son désir profond – qu’importe – dégagé de toute violence, de toute rancoeur, lui fait découvrir, ressentir son juste chemin. « Accueille Marie telle qu’elle est ! Accueille l’Enfant car c’est toi, le rêveur, qui lui donnera son nom ! ». Presque réveillé la Bonne Nouvelle agit en lui. Presque réveillés, la Bonne Nouvelle agira en vous les heures qui viennent.

2. Aujourd’hui c’est aussi le presque de l’Emmanuel. Avant l’annonce à Joseph, des centaines d’année avant il y avait l’Annonce par Isaïe aux ancêtres de Joseph, à la maison de David : « Le Seigneur lui-même vous donnera un signe. Voici que la Vierge est enceinte : elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel, Dieu avec nous ». Ce matin nous en sommes encore là. C’est l’Emmanuel annoncé, ce n’est pas encore Jésus, mais c’est presque Jésus. C’est encore un peu le Grand Dieu (le Gott mit uns), ce n’est pas encore le petit enfant de la crèche. Nous sommes dans le silence et dans l’attente, nous espérons peut-être encore de la force et de la puissance, quelqu’un qui résoudrait tous nos problèmes ; nous balbutions l’avenir, nous cherchons les mots qui se dérobent… Restons encore dans ce silence de Dieu qui se concentre qui va se résumer et éclater dans le juste cri de la nuit de Noël ! Avec Joseph apprenons à nommer nos vies, à nommer nos rêves avec justesse, à nommer ce que nous ressentons les uns avec les autres. Ne fatiguons pas Dieu ces trois jours. Laissons-le en paix préparer l’avenir du monde. Mais préparons nos bouches, nos mots et nos chants pour l’accueillir. Pourquoi ne pas lui écrire sur papier ou par SMS un mot d’accueil ou de bienvenue que nous déposerions dans la crèche le soir de la nuit étoilée.

Soeurs et frères, oui nous y sommes presque. Vous pouvez maintenant vous réveiller doucement et montez dans votre voiture. Il y a des pays ou les feux tricolores passent à l’orange avant le vert. Maintenant vous êtes arrêtés à ce feu orange. Il n’y a pas de radar. Vous pouvez rester zens. Encore un peu d’attente. Enclenchez la première. Réjouissez-vous en silence. Le feu va passer au VERT ! Bientôt…

Abbé Christophe Hagenbach

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